«J’ai des droits. J’ai le droit à l’éducation, j’ai le droit de jouer, j’ai le droit de chanter, j’ai le droit de parler, j’ai le droit d’aller au marché, j’ai le droit de m’exprimer.»

Malala Yousufzai

dimanche 15 juin 2025

Internet et les enfants, un gâchis?


 

Violences en tout genre, des images au propos, du harcèlement moral et physique à l’enrôlement dans la prostitution, voici ce à quoi sont confrontés les enfants sur internet et pas seulement sur les réseaux sociaux ou les sites pornographiques.

Pensé comme un média qui serait un espace de liberté (et non de licence) et de connaissance, le web n’est en fait que le reflet de la société.

Et face à la société et à ses abus, la protection de l’enfance est une évidence, un devoir, une mission.

L’objectif est d’empêcher le danger dans la sphère enfantine le plus possible.

Et cela devait être le cas pour internet qui ne peut être considéré comme une sphère en dehors du droit international ou local.

Or c’est bien trop souvent ce qui est le cas.

Dès lors, les enfants qui l’utilisent pour visiter des sites ou participer à des réseaux sociaux sont exposés à une multitude d’agressions qui seraient considérées comme inacceptables si elles se déroulaient ailleurs.

Le constat est là: internet est largement un gâchis pour ce qui est de sa mission vis-à-vis des enfants même s’il ne faut pas passer sous silence toutes les opportunités positives qui s’offrent à eux.

Faisons donc en sorte qu’il n’y ait plus que ces opportunités qui leur soient accessibles.

Ce n’est évidemment pas simple parce qu’il ne faut pas tomber dans l’interdiction stupide voire réactionnaire pour qu’internet soit un vrai outil d’émancipation.

On doit se réjouir que les législateurs dans certains pays notamment européens prennent des initiatives et des mesures pour protéger les enfants contre les méfaits d’internet.

C’est le cas en ce moment de la Grèce, de la France et de l’Espagne qui ont présenté à l’Union européenne des mesures pour encadrer l’usage des plateformes en ligne par les enfants.

Ces trois pays dénoncent les algorithmes qui exposent les enfants à des contenus addictifs avec les problèmes d'anxiété, de dépression et d'estime de soi.

Ils sont également inquiets de l'exposition aux écrans dès le plus jeune âge qui pourraient entraver le développement des apprentissages essentiels et des compétences relationnelles des jeunes enfants.

Ils demandent la fixation d'un âge de majorité numérique à l'échelle européenne qui empêcherait les enfants d’accéder aux réseaux sociaux sans consentement parental, mesure qui est déjà contenue dans la législation française mais n’a pas pu encore s’appliquer faute d’accord avec l’UE.

«La vérification de l'âge, c'est possible. C'est d'ailleurs déjà en cours en France pour les sites pornographiques, on veut la même chose pour les réseaux sociaux » a déclaré la ministre chargée du Numérique, Clara Chappaz.

De son côté, la Commission européenne ne demeure pas inactive.

Ainsi, elle veut mettre en place une application de vérification de l'âge qui n’entraînerait pas la divulgation de données personnelles.

Elle vient également de rédiger des lignes directrices provisoires à destination des plateformes pour mieux protéger l’enfance mais qui ne seraient pas obligatoires.

Rappelons que la Commission a lancé des investigations à l’encontre de Facebook, Instagram et TikTok qui refusent de protéger convenablement les enfants des contenus violents au motif que ce serait aux applications installées dans les ordinateurs de le faire.

Enfin, elle a également lancé des enquêtes sur des sites pornographiques qui n’empêcheraient pas les enfants de les consulter.

Tout cela va dans le bon sens mais demeure encore insuffisant sachant que la régulation humaniste d’internet ne se fera de manière efficace qu’au niveau mondial et qu’on en est encore très, très loin…

 

 

 


mardi 10 juin 2025

Protéger les enfants, un devoir bien mal effectué


Il n’y a pas de ministère de l’Enfance depuis qu’Emmanuel Macron a été élu en 2017 malgré les demandes incessantes et répétées des associations et des professionnels qui s’occupent des enfants.

Cette volonté réitérée de ne pas agir en ce sens est assez étonnante d’autant que plus qu’il y a eu inflation de ministères dans quasiment tous ses gouvernements…

C’est un manquement incompréhensible déjà pointé ici.

La création d’un Haut-commissariat à l’enfance cette année et la nomination de Sarah El Hairy à sa tête verra, espérons-le, une véritable prise de conscience que l’enfance a besoin d’être au cœur des politiques publiques pour être correctement protégée.

C’est évidemment encore plus le cas pour l’enfance en danger et les enfants faisant l’objet de procédures éducatives ou de placements face à des familles déficientes soit parce que violentes avec eux, soit parce qu’incapables de leur assurer le minimum matériel pour leur épanouissement.

Un rapport vient d’être publié issu d’une commission d’enquête parlementaire dirigée par deux députées.

Et il dresse un bilan inacceptable en pointant les responsabilités de la puissance publique notamment celle de l’Etat.

Voici quelques phrases-chocs que l’on y trouve:
- «Système profondément dysfonctionnel, la prévention constitue un impensé politique alors qu’elle devrait être une priorité de l’action publique.»
- « Les conditions d’accueil sont défaillantes, indignes et inadaptées, avec de nombreuses mises en danger et des violences institutionnelles qui deviennent systémiques.»
- « Les enfants protégés subissent trop souvent des conditions de vie et d’hébergement inadaptées à leurs besoins fondamentaux.»
- « L’État doit reconnaître qu’il n’a pas su protéger les enfants qui ont été victimes de maltraitances au sein des institutions.»
- « Les enfants faisant l’objet d’une mesure d’ASE représentent jusqu’à la moitié des adolescents hospitalisés à temps complet, en particulier pour des troubles du comportement et des syndromes dépressifs. »
- « Il est intolérable de voir des jeunes de l’ASE mis à la rue à leur majorité. L’accompagnement vers l’autonomie doit être inconditionnel, et ce jusqu’à leur autonomie, qui intervient aujourd’hui entre 23 et 25 ans en population générale. Une garantie de ressources est en ce sens incontournable, de même qu’une meilleure prise en compte des aspirations scolaires et professionnelles des jeunes. »
- « Il y a des retards inacceptables pris dans la publication de décrets, dont certains se font toujours attendre, au détriment de la sécurité des enfants. »

Le rapport préconise que soient mises en œuvre 92 recommandations dont la première, essentielle, est de créer «un code de l’enfance, comportant un chapitre spécifiquement consacré à la protection de l’enfance, et un manuel de référence sur la protection de l’enfance, qui permettront de disposer d’une vision clarifiée et consolidée des droits des enfants et de la politique publique de protection de l’enfance».

Espérons que les recommandations contenues dans ce rapport trouveront une issue plus concrète et positive que leurs devancières.

On est toujours étonné que l’enfance, soi-disant une priorité des priorités, soit traitée avec si peu de dignité et de responsabilité où l’effet d’annonce semble-t-il remplace l’action.


L’intolérable et insupportable mort à l’école

 


Aujourd’hui, une surveillante a été poignardée à mort par un élève de 14 ans dans un collège de Nogent en France pendant que dans un lycée de Graz en Autriche neuf personnes, élèves et professeurs, ont été assassinées et une douzaine d’autres blessées par un ancien élève de l’établissement de 21 ans.

Ces deux terribles faits divers s’ajoutent à une longue et horrible liste d’événements similaires qui touchent l’école à travers le monde.

Mourir à l’école alors que l’on est professeur, membre de l’encadrement ou élève est insupportable et intolérable.

Pourtant c’est ce qu’il arrive de plus en plus dans un environnement sociétal de plus en plus violent avec des jeunes qui n’hésitent plus à passer à l’acte de plus en plus souvent, faisant de l’insécurité à l’école une réalité quotidienne alors qu’elle demeurait jusqu’il y a quelques années un événement exceptionnel même s’il pouvait y avoir un nombre de victimes importants lors de la survenance de l’un d’entre eux comme c’est trop souvent le cas aux Etats-Unis.

Mais cette violence qui se déroule dans un lieu qui devrait être un sanctuaire où l’on s’attèle à transmettre le savoir, ne vient pas de ce qu’est l’école, elle y est entrée venant de la rue et des multiples violences et trafics dont les jeunes sont responsables ou victimes.

Se rend-t-on compte vraiment de ce qui se passe quand dans des pays comme la Suède, des gangs vont recruter des enfants de 12-13 ans pour faire leurs basses besognes?!

Et des enfants de plus en plus utilisés en France comme tueurs à gages?!

L’urgence est là.

Et une des premières missions des pouvoirs publics c’est de faire en sorte que lorsque qu’on entre le matin dans une école, un collège, un lycée, une université pour dispenser ou recevoir le savoir, on en sorte vivant le soir.

Au boulot!