«J’ai des droits. J’ai le droit à l’éducation, j’ai le droit de jouer, j’ai le droit de chanter, j’ai le droit de parler, j’ai le droit d’aller au marché, j’ai le droit de m’exprimer.»

Malala Yousufzai

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mardi 10 juin 2025

Protéger les enfants, un devoir bien mal effectué


Il n’y a pas de ministère de l’Enfance depuis qu’Emmanuel Macron a été élu en 2017 malgré les demandes incessantes et répétées des associations et des professionnels qui s’occupent des enfants.

Cette volonté réitérée de ne pas agir en ce sens est assez étonnante d’autant que plus qu’il y a eu inflation de ministères dans quasiment tous ses gouvernements…

C’est un manquement incompréhensible déjà pointé ici.

La création d’un Haut-commissariat à l’enfance cette année et la nomination de Sarah El Hairy à sa tête verra, espérons-le, une véritable prise de conscience que l’enfance a besoin d’être au cœur des politiques publiques pour être correctement protégée.

C’est évidemment encore plus le cas pour l’enfance en danger et les enfants faisant l’objet de procédures éducatives ou de placements face à des familles déficientes soit parce que violentes avec eux, soit parce qu’incapables de leur assurer le minimum matériel pour leur épanouissement.

Un rapport vient d’être publié issu d’une commission d’enquête parlementaire dirigée par deux députées.

Et il dresse un bilan inacceptable en pointant les responsabilités de la puissance publique notamment celle de l’Etat.

Voici quelques phrases-chocs que l’on y trouve:
- «Système profondément dysfonctionnel, la prévention constitue un impensé politique alors qu’elle devrait être une priorité de l’action publique.»
- « Les conditions d’accueil sont défaillantes, indignes et inadaptées, avec de nombreuses mises en danger et des violences institutionnelles qui deviennent systémiques.»
- « Les enfants protégés subissent trop souvent des conditions de vie et d’hébergement inadaptées à leurs besoins fondamentaux.»
- « L’État doit reconnaître qu’il n’a pas su protéger les enfants qui ont été victimes de maltraitances au sein des institutions.»
- « Les enfants faisant l’objet d’une mesure d’ASE représentent jusqu’à la moitié des adolescents hospitalisés à temps complet, en particulier pour des troubles du comportement et des syndromes dépressifs. »
- « Il est intolérable de voir des jeunes de l’ASE mis à la rue à leur majorité. L’accompagnement vers l’autonomie doit être inconditionnel, et ce jusqu’à leur autonomie, qui intervient aujourd’hui entre 23 et 25 ans en population générale. Une garantie de ressources est en ce sens incontournable, de même qu’une meilleure prise en compte des aspirations scolaires et professionnelles des jeunes. »
- « Il y a des retards inacceptables pris dans la publication de décrets, dont certains se font toujours attendre, au détriment de la sécurité des enfants. »

Le rapport préconise que soient mises en œuvre 92 recommandations dont la première, essentielle, est de créer «un code de l’enfance, comportant un chapitre spécifiquement consacré à la protection de l’enfance, et un manuel de référence sur la protection de l’enfance, qui permettront de disposer d’une vision clarifiée et consolidée des droits des enfants et de la politique publique de protection de l’enfance».

Espérons que les recommandations contenues dans ce rapport trouveront une issue plus concrète et positive que leurs devancières.

On est toujours étonné que l’enfance, soi-disant une priorité des priorités, soit traitée avec si peu de dignité et de responsabilité où l’effet d’annonce semble-t-il remplace l’action.


vendredi 21 février 2025

La protection des enfants mérite mieux qu’une polémique médiatico-politicienne



L’ affaire et le scandale Bétharram révèle une nouvelle fois des violences à caractère physiques et sexuelles dans un établissement scolaire privé.

Et l’on peut être surpris et indigné qu’il ait fallu attendre 30 ans pour que celles-ci soient dévoilées et que l’on entende enfin les paroles des victimes.

Voilà une nouvelle preuve, s’il en était malheureusement besoin, que l’enfant n’est pas le «roi» que certaines idéologies souvent proches de ces personnages qui «éduquent» les enfants avec des coups et des sévices, affirment pour s’en prendre à la «permissivité» de la société envers sa jeunesse.

Il est toujours bon pour que la cause de l’enfance progresse, pour qu’un jour ces actes et d’autres bien plus graves cessent enfin et que les responsables soient punis à la hauteur de leurs méfaits que ce genre d’affaires connaisse la publicité qu’elles méritent.

Pour autant, dans l’affaire de cette institution catholique où se sont déroulés ces actes infâmes, on est malgré tout pris par un certain malaise.

Parce que l’affaire n’avait pas pour but premier de révéler un scandale de plus où des enfants sont des martyrs mais un objectif politicien de déstabiliser le gouvernement en place et son Premier ministre dont les enfants ont été scolarisés dans ce lieu.

Une affaire que l’officine d’extrême-gauche Mediapart a fort opportunément sortie après que le Budget du pays ait été enfin approuvé par l’Assemblée nationale après le rejet d’une motion de censure déposée par… l’extrême-gauche!

Et ce malaise vient de cette instrumentalisation politicienne et de cette récupération à sensation de certains médias où l’on chercherait en vain la volonté de défendre les enfants et l’enfance.

En l’occurrence, le plus important n’est pas de savoir si François Bayrou a été au courant ou non d’actes auxquels il n’a pas participé et dont il n’a pas été le complice même s’il aurait dû sans doute mieux s’informer des pratiques de Bétharram, mais de savoir comment ces actes ont pu survenir en toute impunité, de punir les coupables et de mettre en place, enfin, des politiques partout où cela est nécessaire pour qu'ils ne soient plus jamais possibles que les enfants soient en sécurité.

En France mais aussi partout dans le monde, tel n’est pas le cas aujourd’hui.

Bien sûr, des efforts sont faits mais ils sont bien loin d’être suffisants.

Rappelons que nous n’avons toujours pas de ministère dédié à l’enfance, que l’enfant est loin d’être considéré comme une personne et qu’une sécurité efficace en faveur des enfants coûteraient des sommes que les adultes ne sont pas prêts à payer.

Alors l’indignation d’une affaire comme celle de Bétharram sonne chez certains responsables politiques et journalistes comme une posture quelque peu hypocrite.

 


dimanche 24 janvier 2021

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Agressions sexuelles d’enfants: et si enfin la notoriété ne protégeait plus l’ignominie



Plusieurs affaires de pédophilie et d’inceste impliquant des célébrités des mondes culturels, économiques et politiques semblent montrer que la notoriété, enfin, ne protège plus de l’ignominie.

Ceux qui privilégiaient jusqu’à présent les célébrités commettant ces actes inqualifiables et insupportables sur les victimes sont en train de perdre cette bataille.

Nombre de ceux-ci d’ailleurs semblent même avoir compris leur errance coupable.

Beaucoup mais pas tous, loin de là…

Mais réjouissons-nous quand même de cette prise de conscience de la société que des enfants violés par des adultes, ce n’est plus acceptable dans ce troisième millénaire par des gens qui auraient, sinon des excuses pour agir, en tout cas une sorte d’immunité due à leur position ou leur œuvre.

Parce que comment expliquer rationnellement qu’un cinéaste, un universitaire ou un écrivain à succès puissent être exonérés de leurs crimes parce qu’ils ont un curriculum vitae brillant?

On ne le peut évidemment pas.

Pourtant, par un tour de passe-passe improbable où la mauvaise foi se dispute avec un désintérêt total des victimes qui deviennent même parfois les agresseurs parce qu’ils osent prendre la parole et dénoncer des soi-disant icônes qui devraient être au-dessus de la contingence du quotidien et même de la morale la plus basique, certains continuent à crier au lynchage de ces individus dont les comportements de lâcheté et d’hubris les ont amenés à l’impardonnable.

Toute personne qui se réclame des valeurs humanistes ne peut en aucun cas accepter ces raisonnements qui sont honteux et dévoilent le côté sombre de leurs propagateurs dont la complicité intellectuelle et éthique avec les perpétrateurs est une évidence.

Pendant longtemps, par l’intimidation, par les sous-entendus, par des procédés indignes, ils ont réussi, grâce à leur entregent, à éviter aux célébrités criminelles qui abusent des enfants, c'est-à-dire des êtres qui n’ont pas les moyens de se défendre contre les adultes, ce qui rend leurs méfaits particulièrement nauséabonds, de devoir rendre des comptes à la société et à la justice.

Les dernières affaires révélées et l’indignation qu’elles ont provoquées dans la société sonnent, je l’espère, le glas de cette impuniité tout en libérant la parole et, peut-être, en faisant réfléchir à deux fois ces tristes personnages d’agir.

Et de toujours citer cette phrase de cet infatigable défenseur des droits des enfants, Jean-Pierre Rosenczveig:

«C’est à la place faite aux enfants que l’on juge une société et sa culture».

 

 

lundi 5 novembre 2018

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Et pendant ce temps, les enfants continuent d’être maltraités, violentés et assassinés



Les beaux esprits nous rabâchent sans cesse que l’enfant est roi dans nos sociétés et quelques «spécialistes» de l’enfance venus d’un autre âge nous demandent de revenir à la «bonne vieille éducation» où l’on apprenait à nos rejetons à n’être que des «êtres en devenir», donc à demeurer à leur place de «mineurs», en quelque sorte de sous-humains.
Et puis, voilà que sortent les sempiternels empêcheurs de dormir tranquille sur ses certitudes que tout va bien pour l’enfant, je veux parler de ces statistiques qui ne sont malléables que pour ceux qui ne veulent rien voir et ces faits divers qui s’accumulent presque toujours autant et qui nous disent, sans artifice, sans tournure de phrase savante, que l’enfant n’est pas respecté, pire, qu’il est battu, violé, violenté et même assassiné dans notre soi-disant «société permissive» où c’est lui qui commande, où c’est lui qui est un danger pour la tranquillité des bons citoyens, m’en parler pas, madame, tous des voyous et des mal-élevés.
Alors, devant le énième appel, la nouvelle pétition, utiles pour nous rappeler que les problèmes demeurent, les pouvoirs publics font de beaux discours et nous jurent que l’on va prendre le problème à bras le corps.
C’est, par exemple, ce que nous dit Agnès Buzyn, la ministre de la Santé dans une interview à Elle.
«Il y a (...) une part de déni, explique-t-elle fort justement. La très grande majorité des enfants qui meurent aujourd'hui du fait de violences sont tués au sein du cercle familial. Il faut oser le dire et sortir d'une vision idyllique de la famille. Toutes ne sont pas bientraitantes. C'est une réalité inacceptable, mais c'est la réalité»
Ce qu’elle ne nous dit pas c’est qu’aujourd’hui, dans le gouvernement d’Edouard Philippe, sous la présidence d’Emmanuel Macron, il n’y a aucun ministère, pas le plus petit secrétariat d’Etat, dédiés à l’enfance, une décision malheureuse totalement assumée par le chef de l’Etat et que tous ceux qui sont préoccupés par la défense de l’enfance juge comme une infamie.
Sans oublier qu’il n’est pas revenu non plus sur la suppression du défenseur des enfants (c’est bien vrai, les enfants, ça se défend tous seuls!).
Mais, soyons un peu patient car elle nous annonce qu’elle va nous présenter sa «stratégie de protection de l’enfance», fin novembre, soit un an et demi après l’élection d’Emmanuel Macron à l’Elysée.
Sans doute que la réforme de la SNCF ou le loto en faveur des vieilles pierres étaient plus importants que de mettre en place cette stratégie le plus rapidement possible…
Espérons simplement que celle-ci soit étoffée, efficace et bénéficie des crédits nécessaires à son application.
Sinon, elle sera comme les autres stratégies adoptées au fil des ans, de belles paroles qui glisseront sur les faits divers les plus scabreux et les statistiques les plus déprimantes.
Celles-ci, citées dans la pétition «Le massacre des innocents» (la consulter ici), se passent de commentaire:
«En France, chaque semaine, 2 enfants meurent sous les coups et les tortures, 73.000 cas de violences sur mineurs sont identifiés par les forces de police chaque année, soit 200 par jour; 300.000 enfants sont pris en charge par l’ASE (Aide sociale à l’enfance) et 160.000 sont retirés à leur famille.
Ces maltraitances sont le plus souvent connues des services sociaux, des voisins, des juges, qui tous maintiennent ces enfants chez leurs bourreaux.
En France, 7.000 viols de mineurs sont officiellement recensés chaque année, soit presque 20 par jour. C’est 44% des viols commis dans notre pays. La moitié des victimes de viols et d’agressions sexuelles ont moins de 12 ans. Seulement 2% des cas donnent lieu à une condamnation.»
Dormez bien les beaux esprits et rêvez bien de votre «enfant-roi»…

Alexandre Vatimbella

jeudi 11 septembre 2014

Agir et se mobiliser contre l’omniprésence de la violence dans la vie des enfants dénoncée par l’UNICEF

L’Unicef vient de publier un rapport (résumé en français / texte intégral en anglais) qui fera date avec la compilation la plus importante réalisée à ce jour sur les violences dont sont victimes les enfants à travers le monde.
Intitulé «Cachée sous nos yeux», il est une nouvelle preuve qu’il faut agir de manière plus importante pour faire cesser cette violence et par tous les moyens possibles, en particulier par l’information au grand public qui peut amener à une prise de conscience, non seulement, salutaire mais indispensable comme l’affirme TOPA[E]!


Comme l’explique l’Unicef, «Ce rapport fournit des preuves de l’omniprésence de la violence dans la vie des enfants de toutes les couches de la société, dans le monde entier. La violence interpersonnelle prend de nombreuses formes – physique, sexuelle et émotionnelle – et a lieu dans de nombreux contextes, notamment le foyer, l’école, la communauté et sur Internet. De même, les auteurs de violences contre les enfants sont très variés. Ils peuvent être des membres de leur famille, des partenaires intimes, leurs enseignants, leurs voisins, des inconnus ou même d’autres enfants. Cette violence se traduit par des blessures, des souffrances et de l’humiliation; et elle peut tuer».
Et de donner cette statistique stupéfiante, «En 2012 seulement, presque 95 000 enfants et adolescents de moins de 20 ans ont été victimes d’homicide, ce qui en fait l’une des principales causes de décès et de blessures évitables».
Autre chiffre à peine croyable, «En moyenne, environ 6 enfants sur 10 dans le monde (presque un milliard) âgés de 2 à 14 ans sont soumis à des châtiments physiques (corporels) infligés par les personnes qui s’occupent d’eux de manière régulière. Pour la plupart, les enfants sont exposés à un mélange de châtiment physique et d’agression psychologique».
Tout ceci se passe souvent sans que les victimes ne disent quelque chose, notamment en matière d’agression sexuelle. Ainsi, selon le rapport, «Quels que soient le type de violence subie ou les circonstances dans lesquelles elle a été subie, la plupart des victimes gardent le secret et ne demandent jamais d’aide. Les données présentées dans ce rapport confirment que près de la moitié des adolescentes âgées de 15 à 19 ans qui signalent avoir déjà subi des violences physiques et/ou sexuelles affirment n’en avoir jamais parlé à personne».
Pour l’UNICEF, comme pour TOPA[E]!, «La violence envers les enfants est très répandue mais pas inévitable. Son éradication implique une responsabilité
partagée.»Pour l’organisation internationale, «Bien que souvent considérée comme un problème individuel, la violence envers les enfants est, en réalité, un problème sociétal, induit par les inégalités économiques et sociales et les faibles niveaux d’instruction. Elle est alimentée par des normes sociales considérant la violence comme un moyen acceptable de résoudre les conflits, approuvant la domination des adultes sur les enfants et encourageant les discriminations. Elle est rendue possible par des systèmes qui manquent de politiques et de lois adaptées, d’une gouvernance efficace et d’une primauté du droit pour prévenir la violence, enquêter sur les actes de violence et en poursuivre les auteurs, et fournir des services de suivi et des traitements aux victimes».
D’autant que l’enfant est souvent considéré comme un citoyen de seconde zone: «il existe des écarts importants entre les protections accordées aux victimes de violences adultes et enfants. Par exemple, si un adulte est frappé par un proche ou un pair, cela est généralement considéré comme un comportement inacceptable et des dispositions juridiques existent le plus souvent pour protéger les droits de la victime. Par contre, si des enfants sont violemment punis par leurs parents ou d’autres aidants familiaux, ces actes sont généralement considérés comme sans conséquences, et les mêmes type et degré de protection juridique ne sont généralement pas prévus. Ce manque de protection – associé à des attitudes et normes sociales justifiant certains actes de violence envers les enfants – crée un environnement dans lequel de nombreuses formes de violence sont considérées comme normales et restent impunies».
Et l’on ne peut que souscrire à cette affirmation des auteurs du rapport, «même un seul enfant blessé par un acte de violence, c’est un enfant de trop.»
Car, comme l’explique Anthony Lake, le directeur général de l’UNICEF «La violence envers les enfants n’est pas inévitable. On peut la prévenir si nous refusons qu’elle reste dans l’ombre. Les faits contenus dans ce rapport nous obligent à agir, dans l’intérêt de chacun de ces enfants et pour renforcer les sociétés partout dans le monde».

Touche Pas Aux Enfants – TOPA[E]!