«J’ai des droits. J’ai le droit à l’éducation, j’ai le droit de jouer, j’ai le droit de chanter, j’ai le droit de parler, j’ai le droit d’aller au marché, j’ai le droit de m’exprimer.»

Malala Yousufzai

vendredi 12 juin 2026

La protection de l’enfance salie par les politiciens populistes


Un peu de dignité!

C’est juste ce que l’on demande aux politiques quand on parle de protection de l’enfance et des pires atteintes physiques et psychologiques faites aux enfants.

Et ça, face à la tâche impérieuse que la société doit à ses plus jeunes, une partie d’entre eux n’en est manifestement pas capable.

Ici on touche à la pire noirceur de ces politiciens populistes qui sont prêts à tout pour instrumentaliser tous les drames les plus monstrueux uniquement pour leurs profits partisans et électoralistes.

Quand une députée, Laure Miller, éprouve de la honte d’être dans un hémicycle dont nombre de ses membres font de la polémique la plus démagogique et la plus honteuse à propos de la mort d’une petite fille de onze ans, nous ne pouvons que lui donner raison.

Cela fait des années qu’ici, nous dénonçons les manques de l’Etat mais aussi et surtout un immobilisme de toute la société dans la défense de l’enfance pour être scandalisé par ces personnages qui n’ont pas levé le petit doigt pour lui assurer le bien-être et la sécurité, venir faire la morale et se transformer subitement en procureurs sans aucune légitimité autre que de créer le désordre et de tenter de récupérer une colère des citoyens dont beaucoup de ces derniers devraient d’abord se demander ce qu’ils ont fait pour protéger les enfants.

Lyanna est-elle la victime de trop?

On aimerait bien le croire alors que nombre d’enfants sont victimes chaque année de violences, de meurtres et d’assassinats sans que cela n’engendre une mobilisation quelconque au-delà de quelques paroles et de rassemblements.

Au-delà de ces actes d’autant plus effroyables qu’ils touchent des personnes qui ne sont pas capables de se défendre, la société doit réfléchir à la place de l’enfant et se demander si vraiment elle le respecte.

Comme l’écrivait Françoise Dolto :
«La cause des enfants ne sera sérieusement défendue tant que ne sera pas diagnostiqué le refus inconscient qui entraîne toute société à ne pas vouloir traiter l'enfant comme une personne, dès sa naissance, vis-à-vis de qui chacun se comporte comme il aimerait qu'autrui le fasse à son égard.»

Tous les jours, dans notre quotidien, nous pouvons voir que ce n’est pas le cas.

Alors, messieurs et mesdames les populistes, au lieu de profiter de tragédies qui touchent les enfants pour vous faire de la publicité scélérate, agissez et faites que la société se fasse à hauteur d’enfant.

Ne vous trompez pas et méditez les propos de Janusz Korczak, le grand pédiatre et inlassable défenseur des enfants:
«Vous dites: C'est fatiguant de fréquenter les enfants. Vous avez raison. Vous ajoutez: Parce qu'il faut se mettre à leur niveau, se baisser, s'incliner, se courber, se faire petit. Là, vous avez tort. Ce n'est pas cela qui fatigue le plus. C'est plutôt le fait d'être obligé de s'élever jusqu'à la hauteur de leurs sentiments. De s'étirer, de s'allonger, de se hisser sur la pointe des pieds. Pour ne pas les blesser.»

 

 


lundi 8 juin 2026

Eviter que la mort de Lyahanna se transforme en instrumentalisation politicienne au détriment des enfants


On espérait que ce ne serait pas le cas, que la dignité et la responsabilité l’emporteraient, surtout, que la cause des enfants primerait.

Or, ce n’est pas ce qui est en train de se passer.

La mort de Lyhanna, tuée par un prédateur sexuel, au-delà des réelles émotions et des affichages des politiques est en train de devenir une «affaire» politico-médiatique.

On comprend que devant l’indicible et les manquements qui semblent évident dans le traitement des plaintes visant le principal et unique suspect, un débat s’ouvre pour que les dysfonctionnements de l’Etat engagent une véritable réflexion pour que la protection des enfants passe à un niveau bien supérieur à ce qu’il est.

En revanche, les appels à démission, les déclarations incendiaires d’un camp contre un autre et toute une atmosphère glauque en tain de s’installer sont une volonté de transformer la disparition d’une petite fille de onze ans en campagne politicienne nauséabonde.

Parce que, oui, il faut renforcer la protection de l’enfance après des années de déni, non pas de ceux qui s’occupent de défendre inlassablement les enfants qui font un travail admirable souvent sans que leurs appels au secours ne soient entendus, mais de la société toute entière dont l’émotion devant des actes monstrueux ne dure qu’un instant mais ne sont guère suivi de la prise de conscience nécessaire puis de la mise en œuvre d’une politique efficace et de mesures fortes et absolument indispensables.

Si le calvaire de Lyhanna n’est plus qu’un prétexte pour régler ses comptes alors rien ne changera comme cela a été le cas jusqu’à présent.

S’indigner, c’est bien, agir c’est encore mieux.

Pour les enfants.

 


L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Pour que la mort d’une petite fille soit enfin le réveil de nos consciences


Une petite fille de 11 ans est morte.

Tuée par un prédateur sexuel.

Elle n’aurait pas dû.

Comme tous les enfants assassinés, violés, violentés, agressés physiquement ou détruits psychologiquement par la haine, la violence et les pulsions sexuelles dérangées.

Rendons avec dignité et respect un adieu à Lyhanna et faisons de sa disparition le point de bascule qui va enfin permettre une réponse de la société à la hauteur de toutes les atteintes intolérables et révoltantes à l’égard des enfants.

Les médias mais aussi les politiques et, surtout, les citoyens ont décidé d’en faire un événement transcendant, ce qui peut permettre enfin une vraie prise de conscience collective de long terme sur la condition enfantine et non pas seulement épidermique même si on peut regretter que certaines réactions ne soient malheureusement pas toujours dénuées d’arrière-pensées qui n’ont rien à voir avec la mort d’une enfant et l’importance de l’enjeu.

Et comme on pouvait le prévoir la récupération politicienne notamment par LFI et le RN a commencé avec une instrumentalisation méprisable au regard de cette disparition.

Du côté des défenseurs intransigeants des enfants, il faut affirmer qu’au-delà des éventuels dysfonctionnements ou fautes vis-à-vis de l’auteur de la mort de Lyhanna, nous sommes tous concernés.

Non pas seulement dans notre indignation et notre désespoir qui montre notre émotion mais pour agir face à la cause à défendre, celle de la sécurité et le bien-être des enfants.

Car les dysfonctionnements et les fautes s’ils sont avérés sont avant tout ceux de la société, donc des nôtres, de vous et de moi.

Si la société était faite à hauteur d’enfant, ici en France mais aussi dans le monde, ça se saurait.

Si nous acceptions le coût matériel mais aussi sociétal d’une vraie protection de l’enfance, nous n’en serions pas à pleurer la mort d’une enfant de 11 ans.

Tant que nous refuserons de prendre soin comme il faut de l’enfance, celle-ci continuera d’être en danger que ce soit face à de monstrueux prédateurs mais aussi face à l’inadaptation des sociétés à l’enfance.

Alors ne laissons pas retomber l’émotion et faisons-en une motivation pour que, tous ensemble, nous faisions en sorte de créer un environnement où de tels drames ne soient plus possible.

Et espérons que la cause des enfants sera au centre de la campagne présidentielle.

En la mémoire de Lyhanna et de tous les autres enfants victimes.

 


jeudi 4 juin 2026

Les médias découvrent-ils les violences faites aux enfants?


Il n’y a pas si longtemps, ceux qui écumaient les plateaux de télévision étaient tous les défenseurs de la thèse de l’enfant-roi avec en tête d’affiche des personnalités parmi les plus réactionnaires.

Mais, l’enfant n’en a pas fini d’être stigmatisé, accusé d’être de plus en plus violent et incapable de respecter la discipline.

Et ceux qui voulaient rabattre le caquet au soi-disant roi sont ceux qui veulent mettre tous les garnements en prison!

Bien sûr, il est hors de question d’excuser tous les comportements de certains enfants, notamment quand ils s’attaquent à d’autres enfants et que leur agressivité est source de blessures voire pires.

Pour autant, avant de vouloir une répression à tout va, il serait préférable d’abord d’assurer une sécurité à tout va de l’enfance.

Toujours est-il qu’un nouveau fait-divers sur la disparition d’une enfant de 11 ans est devenue la tête d’affiche des chaînes d’information en continu et des médias en général.

Au-delà de l’indignation réelle qui accompagne le traitement de cet événement qui pourrait malheureusement de terminer tragiquement, on doit se féliciter que la sécurité des enfants soit à la Une.

Et on le voudrait systématiquement sur tout ce qui touche à a protection de l’enfance et à la situation de tous ces enfants en danger en France et dans le monde, ce qui est loin d’être le cas actuellement.

Cependant, on souhaiterait aussi que lorsque les médias s’emparent d’un tel fait-divers, leur couverture tourne aussi au feuilleton indécent où une mise en scène plus ou moins honteuse prend trop souvent le pas sur le drame avec qui aura un scoop avant les autres.

Alors oui, les médias doivent couvrir tous ces atteintes à l’enfance mais doit-on leur rappeler que c’est la vie d’un enfant dont on parle?

 


samedi 23 mai 2026

L’enfant victime est tout sauf une exception


Selon un récent rapport de l’OMS, 1,2 milliard d’enfants reçoivent des coups chaque année notamment dans le cadre familial ou à l’école que ce soit des fessées ou des châtiments plus lourds.

Et cela est à mettre en regard du nombre d’enfants dans le monde qui se monte à 2,5 milliards.

Il s’agit donc d’un enfant sur deux!

Ces chiffres démontrent s’il en était encore nécessaire que les enfants ne sont pas ces êtres surprotégés par la société, bien au contraire.

En France, après ces pitoyables tentatives d’avoir voulu faire passer les enfants comme des «rois» qui dicteraient aux adultes leurs comportements et qui obtiendraient tout ce qu’ils veulent, nous nous rendons compte quotidiennement de la précarité d’être un enfant alors que nous entrons dans le troisième millénaire.

Et que nos sociétés dites «avancées» comme nous le disent aujourd’hui des travaux d’historiens un peu plus étoffées, ne sont peut-être pas celles qui respectent le plus les enfants.

Sur des registres différents, on apprend que dans l’affaire des laits maternels contaminés, les fabricants ont attendu plusieurs jours après la découverte du problème avant d’alerter les autorités, leur chiffre d’affaires et leur réputation étant sans doute plus importantes que la santé des nourrissons et des bébés.

Dans le même temps, le scandale des violences dans le périscolaire montre le laxisme de la mairie de Paris et une volonté première de vouloir minimiser le problème au détriment de la sécurité des écoliers.

Des enfants qui se font de plus en plus assassiner dans des affaires de narcotrafics ou prostituer sans parler de la récurrence des affaires de pédophilies.

Et l’on pourrait continuer notamment avec les enfants qui dorment dans la rue, ceux qui ne mangent pas à leur faim ou qui sont victimes de harcèlement à l’école ou sur les réseaux sociaux qui les conduisent parfois au suicide.

Enfin, l’enfant est devenu une cible privilégiée pour le commerce où tout est bon pour qu’il soit transformé en un consommateur aux désirs créés de toute pièce et qui ne doivent jamais être assouvis.


jeudi 2 avril 2026

Comme d’habitude, les mollahs iraniens demandent aux enfants de se sacrifier pour leur régime



Une des pires infamies de la guerre Iran-Irak dans les années 1980 qui pourtant n’en manqua pas, fut l’enrôlement de part du régime des mollahs de Téhéran des enfants.

Non seulement ils furent envoyés au front mais ils servirent avant tout à sauter sur les mines irakiennes pour sauvegarder les gardiens de la révolution.

Une utilisation honteuse qui fut légitimée par l’ayatollah Kohmeyni lui-même.

Depuis, nombre d’enfants – dont des étrangers comme des Afghans – sont endoctrinés et embrigadés pour combattre dans des opérations militaires comme en Syrie ou dans des répressions contre le peuple iranien comme dernièrement lors des massacres qui ont fait sans doute des dizaines de milliers de morts.

Et tout cela, évidemment, en violation de la déclaration universelle des droits humains, de la convention des droits des enfants et du droit international.

Avec l’attaque des Etats-Unis et d’Israël, les mollahs font de nouveau appel aux enfants et perpétuent l’infamie sans la moindre gêne.

Ils n’ont même aucun scrupule sachant que des compensations sont souvent promises aux familles qui autorisent leurs enfants à devenir des soldats ou, plutôt, de la chair à canon mais qu’elles sont rarement versées.

Le recours systématique aux enfants pour les menées violentes du régime démontre l’évidente nécessité de s’en débarrasser.

 


vendredi 27 mars 2026

Devant l’émotion suscitée, le gouvernement déposera bien son projet sur la maltraitance des enfants


Lorsque le gouvernement a présenté la dizaine de textes qu’il voulait voir discuter et voter par le Parlement avant l’été, il y avait un grand absent: le projet de loi sur la maltraitance des enfants rédigé par la ministre de la santé, Stéphanie Rist, et le ministre de la Justice, Gérald Darmanin.

Cette absence avait immédiatement suscité incompréhension et colère chez les défenseurs des enfants d’autant qu’il n’y avait aucune déclaration et explication donnée de la part du gouvernement.

Ce silence, jusqu’à celui de la haute-commissaire à l’enfance, Sarah El Hairy, semblait dire que la protection de l’enfance, notamment celle la plus en danger comme les enfants placés de l’ASE (Aide sociale à l’enfance) n’était pas sa priorité.

Mais l’erreur a été réparée puisque ce projet de loi sera bien au programme des députés et des sénateurs.

Quand?

Selon la ministre de la Santé:
«Je vous annonce qu'il faut que ce texte passe [au Parlement]. Nous aurons la place, vous savez pourquoi ? Parce que la protection des enfants, ça concerne tous les politiques, ça concerne de façon transpartisane. Et c'est un texte qui est consensuel et que nous arriverons à faire passer. Ce texte part au Conseil d'État, sera présenté au Conseil des ministres mi-mai et sera, je l'espère, adopté avant la fin du quinquennat.»

Dont acte.

Et de présenter la philosophie du texte en réponse à une question de la députée Perrine Goulet:
«Je sais combien le Parlement est attaché à la protection des enfants. Avec Gérald Darmanin, garde des sceaux, nous allons porter un texte qui permettra de mieux protéger tous les enfants. Les 400 000 enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance ont une espérance de vie inférieure de vingt ans à la moyenne. Ils ne sont que 10 % à poursuivre leur scolarité jusqu’au baccalauréat, tandis que 50 % des services de pédopsychiatrie ont affaire à ces enfants.
Le texte que nous allons déposer permettra de vérifier tous les antécédents judiciaires des personnels de l’aide sociale à l’enfance –⁠ ce que lon appelle lhonorabilité. Il permettra, surtout, un meilleur partage dinformations sur ces antécédents entre les différents secteurs. Ce texte donnera aussi à ces enfants des perspectives de vie, grâce à des moyens pour une adoption plus rapide, grâce à une augmentation du nombre daccueillants familiaux ainsi que du nombre de tiers de confiance. La prise en charge de ces enfants dans des cellules daccueil familial en sera ainsi améliorée.
Ces mesures sont consensuelles : chacun veut ici que les enfants soient mieux protégés. Le projet de loi est travaillé avec les départements, qui sont compétents sur une partie de ces questions.»

Voilà qui est une bonne chose.

Cependant, La proposition de loi « intégrale » visant à lutter contre les violences sexistes et sexuelles commises contre les femmes et les enfants, elle, n’est toujours pas inscrite à l’ordre du jour du Parlement.

Les parlementaires qui la soutiennent expliquent que «chaque année, 160.000 enfants sont victimes de violences sexuelles – un toutes les trois minutes» et qu’«il ne s’agit pas de faits divers, mais d’un phénomène massif, structurel et systémique.»

Et de rappeler qu’«Il manque encore aujourd’hui une architecture d’ensemble, une politique publique cohérente et dotée de moyens à la hauteur de la tâche».

Il ne reste plus qu’à espérer qu’ils seront entendus par le gouvernement.