«J’ai des droits. J’ai le droit à l’éducation, j’ai le droit de jouer, j’ai le droit de chanter, j’ai le droit de parler, j’ai le droit d’aller au marché, j’ai le droit de m’exprimer.»

Malala Yousufzai

jeudi 12 février 2026

Le travail des enfants, une réalité scandaleuse mais souvent indispensable aux plus pauvres


C’est la Journée mondiale contre le travail des enfants.

Dans ce début de troisième millénaire, nous imaginons plus un enfant en train d’apprendre et de jouer dans un environnement protecteur.

Comme le dit fort justement Sarah El Hairy, la haute-commissaire à l’Enfance:
«Nous rêvons tous d’un avenir radieux pour nos enfants. Une enfance douce et protégée, emplie de jeux, d’apprentissages, pleine de découvertes et d’espoir. Une enfance où l’école prime sur le travail, où le jeu précède les responsabilités.»
Mais, continue-t-elle, la réalité est tout autre pour des millions d’enfants:
«Pourtant, à l’autre bout du monde, parfois bien plus près qu’on ne l’imagine, des millions d’enfants vivent une tout autre réalité. Chaque jour, 160 millions d’entre eux travaillent, souvent au péril de leur santé, au détriment de leur sécurité et de leur avenir. Certains cousent les vêtements que nous portons. D’autres récoltent le cacao de nos goûters, trient à mains nues les composants électroniques de nos téléphones.»

C’est une situation scandaleuse qui n’est évidemment pas acceptable.

Néanmoins, cette réalité est aussi celle de la survie pour nombre de familles.

Si les enfants sont évidemment exploités, sous-payés, contraints souvent de faire des tâches que les adultes refusent de faire, ils sont aussi ceux qui assurent un revenu nécessaire aux familles les plus pauvres, seulement pour ne pas tomber dans une pauvreté encore plus grande avec toutes ses conséquences.

Est-il possible, dès lors, de mettre fin à ce travail des enfants si indispensable pour les plus pauvres, pour des communautés et des pays qui cherchent désespérément à se développer pour assurer au moins le minimum à leur population?

Certains affirment que nous, consommateurs des pays riches ne devons pas acheter les produits si nous savons que des enfants ont participé à leur production.

C’est un comportement moral évident.

Néanmoins, en faisant cela, nous privons ces plus pauvres d’un revenu indispensable.

La solution est plus globale et nécessite une révolution mondiale avec une redistribution des richesses et une globalisation humaniste.

On en est très loin et peut-être que nous ne nous en approcherons peut-être jamais.

Reste alors cette aide au développement si décriée en ce moment par les populismes d’extrême-droite et de droite radicale comme c’est le cas aux Etats-Unis où Trump a coupé dans tous les programmes humanitaires ou avec les déclarations du RN en France.

Une aide qui est indispensable pourtant pour ces pays afin de réduire plus d’éliminer les pratiques les plus inacceptables de l’exploitation d’humains comme celui du travail des enfants.

Signalons enfin que même dans les pays développés, le travail des enfants existe, souvent effectué de manière cachée, et que certains Etats étasuniens comme la Floride sont partisans d’assouplir les règles le concernant.

 

 


mercredi 4 février 2026

Protéger les enfants, des avancées bienvenues


En quelques jours, les députés ont voté des lois pour interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans et pour les enfants victimes de violences sexuelles dans la famille ou qui sont placés suite au dysfonctionnement de leur foyer.

Ces nouvelles mesures sont les bienvenues et nous rappelle une fois de plus qu’un enfant a besoin de protection face à des dangers que la société ne prend pas suffisamment en compte et qui peuvent aller jusqu’à sa mort.

Quand on voit avec quel cynisme les dirigeants des réseaux sociaux utilisent les enfants pour faire des profits mirifiques et investissent si peu dans leur sécurité face aux prédateurs et aux contenus qui détruisent ou fragilisent certains d’entre eux les conduisant au suicide, on peut qu’être en faveur de ces protections même si elles peuvent frustrer la jeunesse notamment pour ce qui est de son accès au web.

Mais cette politique de protection doit être encore renforcée et être constante en donnant les moyens d’agir pour qu’elle soit une réalité et non des lois qui ne sont jamais appliquées.

Trop d’enfants meurent parce que la société n’a pas agi comme elle aurait du le faire.

Sans parler des nombreuses résistances au nom des droits des adultes même quand ceux-ci vont à l’encontre des droits des enfants, pire, quand ils mettent leur sécurité en danger.

Par ailleurs la société doit investir beaucoup plus afin de préparer les enfants à être capables de reconnaître les dangers et de se défendre contre eux avec son aide

 

 


mardi 3 février 2026

Comment appelle-t-on une société où les enfants sont un problème ?


Avec la commercialisation de wagons interdits aux moins de 12 ans, la SNCF, entreprise publique, même si elle s'en défend, participe, elle aussi au mouvement «No kids» (endroits ou activités interdits aux familles) qui fait des enfants un problème alors qu'ils sont des citoyens qui ont, ad minima, les mêmes droits que les autres.

Les montrer du doigt parce qu'ils seraient une gêne pour les autres n'est pas nouveau, certes.

Cependant, développer une sorte de société parallèle où ils seraient exclus non pas pour les protéger – comme on tente de le faire vis-à-vis des dangers des réseaux sociaux, par exemple – mais uniquement pour le confort de certains adultes, est un mouvement qu'il convient de dénoncer et de combattre absolument.

Parce que cela renvoie à une ghettoïsation de l'enfance qui prend à rebours toutes les avancées qui se sont mises en place ces dernières décennies et dont l’adoption en 1989 de la Convention des droits de l'enfant a été une étape emblématique.

Cette régression ramène les enfants à un statut que l'on croyait définitivement d'un autre âge.

Si le «No Kids» continue à s’étendre et à prospérer, il est à craindre de voir un affaiblissement funeste de l’humanisme qui est à la base des valeurs de la démocratie républicaine libérale comme celles de respect et de tolérance sans oublier le partage.

Cette société intolérante à ceux qui représentent son avenir pour de simples questions de confort des adultes est un risque que nous ne devons pas voir s’imposer.

Là aussi le sursaut est un devoir.