«J’ai des droits. J’ai le droit à l’éducation, j’ai le droit de jouer, j’ai le droit de chanter, j’ai le droit de parler, j’ai le droit d’aller au marché, j’ai le droit de m’exprimer.»

Malala Yousufzai

samedi 1 décembre 2018

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Et pendant ce temps, un savant fou joue avec le génome humain…


Non, messieurs, dames, les gilets jaunes, ce n’est pas votre mouvement de foule qui est l’information principale de ces dernières semaines.
Non, messieurs, dames, du G20, ce n’est pas votre réunion argentine qui l’est plus.

Ni les nouvelles déclarations de l’ancien avocat de Donald Trump qui pourrait, un jour, envoyer en prison ce populiste démagogue dangereux.

Ni même la litanie désespérante des victimes des guerres innommables qui se déroulent aux quatre coins de la planète.

Mais c’est la triste et terrible communication d’un scientifique chinois qui affirme avoir modifié en douce et sans aucune autorisation, le génome d’embryons de jumelles qui sont depuis nées, une première mondiale qui fait sauter la digue éthique humaniste qui interdisait une telle expérience au nom du respect et de la dignité de l’humanité toute entière et des plus hautes valeurs qui doivent toujours être la base de tout travail scientifique, surtout de ceux qui ont pour «matériau» l’être humain.

Celle-ci, même si celui qui l’a menée, du nom de He Jiankui et désormais baptisé le «Frankenstein chinois», n’a pas dit qu’il faisait partie du mouvement, ressort bien des rêves et visées transhumanistes.

Le problème dans cette expérience, c’est que l’on ne sait absolument pas quelles seront les conséquences de cette modification de gènes et les risques encourus.

Ainsi, il se peut très bien que cette modification ait des conséquences désastreuses sur ceux qui l’ont subie, que cette manipulation ait endommagé d’autres gènes essentiels, que ces gènes modifiés soient transmis à la descendance des embryons qui auront été manipulés, créant des êtres hybrides à l’avenir incertain.

C’est pour cela que l’ensemble de la communauté scientifique ainsi que les chercheurs dans les domaines de la génétique, ont pris la décision de ne pas toucher à l’embryon, au moins tant que l’on n’est pas capable de savoir qu’elles seront les conséquences des manipulations.

C’est pour cela que toutes les expériences en cours ont été arrêtées.

Mais le chercheur chinois n’en a eu cure, tout concentré qu’il était sur sa gloire d’être le premier à faire cette expérience en grandeur nature.

Aucune objection morale et éthique n’est venue lui titiller la conscience, comme il l’a affirmé lors d’une conférence, pas même celle que cette technique était totalement inappropriée pour le but qu’il prétendait rechercher – faire des enfants de porteurs du virus du sida des êtres qui en sont débarrassés –, car des traitements efficaces sont aujourd’hui utilisées sans devoir passer par aucune manipulation génétique.

La technique qu’il a employée a été inventée par deux chercheuses, une française, l’autre américaine.

Appelée Crisp, sorte de ciseaux permettant de couper l’ADN, elle est révolutionnaire et aura certainement une énorme utilité pour permettre de guérir des malades enfants et adultes dans les années à venir.

Pas pour jouer avec les fondements de la vie.

Bien sûr, nous savions qu’il y aurait bien des irresponsables en quête de vedettariat, imbus de leurs personnes et n’ayant pas beaucoup de moralité et aucune éthique, qui passeraient à l’acte dans ces domaines où l’on touche à l’essence même de la personne humaine.

Parce qu’il se trouve toujours des personnages de ce calibre qui se prennent pour Dieu ou son égal.

Le mouvement transhumaniste évoqué plus haut a bien cette visée de transformer l’être humain, avec ces savants fous prêts à inventer et utiliser toutes les techniques possibles et imaginables, de la modification des gènes à l’implantation de divers outils à l’intérieur du corps, voire de nous transformer en mi-humain mi-robot ou de faire vivre notre cerveau indéfiniment sur internet...

Il progresse sans cesse et a de nombreux soutiens parmi nombre de milliardaires qui lui donnent des fonds conséquents (une de ses principales chimères, si ce n’est la principale, étant l’immortalité qui les intéresse beaucoup…).

Oui, voilà la plus importante et consternante information de ces dernières semaines, sans doute une des plus capitales de l’année et qui n’a pas fait les gros titres des médias (qui en ont tout de même parlé) tout occupés qu’ils étaient à faire de l’audience (et donc de l’argent) avec les gilets jaunes.

Et devant cette information, il faut affirmer sans faiblir qu’aucun humaniste (donc aucun centriste), ne peut accepter que l’humain soit le terrain de jeu de quelques illuminés qui font sauter des digues que, malheureusement, plus personne ne peut (ou ne veut) ensuite rebâtir.

Le chercheur chinois voulait les honneurs mais n’a que peu d’honneur.

A nous d’en avoir à sa place.







jeudi 22 novembre 2018

#EnfanceEnDanger, campagne choc contre les violences faites aux enfants par leurs proches



Pour cette campagne #EnfanceEnDanger, contre la maltraitance des enfants faite par leurs proches, ce clip a été diffusé (une seule fois sur France 2, le 20 novembre).
Accompagné d’images banales mais d’une bande son particulièrement forte et dramatique, il dit:
«Il est temps de rendre cette violence visible et de la combattre. Chaque jour des milliers d'enfants sont maltraités par des proches. Et tant qu'on ne fera rien, les violences continueront. Pour arrêter ça, agissez. Enfance en danger, dans le doute, appelez le 119».

Le ministère des Solidarités et de la Santé, initiateur de la campagne indique: «Il n'est pas question de hiérarchiser les différentes formes de violences ou leur gravité mais de montrer que chacune de ces violences est inacceptable, parce que chacune d'entre elles peut avoir de graves répercussions sur le développement physique et psychologique de l'enfant, allant parfois jusqu'au décès de l'enfant»
Et d’ajouter:
«Parce qu'un trop grand nombre d'enfants sont victimes de violence de la part d'un membre de la famille ou d'un proche de la famille. Parce que trop d'enfants meurent des suites de violence: 131 mineurs victimes d'infanticide recensés par les forces de l'ordre en 2016 dont 67, au sein de la famille. Parce que ces chiffres ne rendent compte que d'une partie de la réalité vécue par des enfants, que la maltraitance recouvre de multiples formes, et que toutes les situations de violences ne sont pas repérées. Parce que trop d'enfants vivent quotidiennement un cauchemar laissant de lourdes séquelles. Parce qu'il est temps d'arrêter ces violences, et que pour les arrêter, nous devons briser un tabou.»
«Il s'agit à la fois de faire ressentir la violence que subissent trop d'enfants pour que chacun se sente concerné et de donner au grand public les outils pour que ces violences cessent.»

plus globalement, face à la maltraitance des enfants, une prise de conscience collective est plus que jamais nécessaire et tous ceux qui en sont les témoins doivent agir en appelant le 119.



mardi 20 novembre 2018

L’Editorial d’Alexandre Vatimbella. Tous les jours doivent être la journée de l’enfant! Opus 2


L’année dernière en ce 20 novembre j’ai écrit un éditorial «Tous les jours doivent être la journée de l’enfant!» que je pourrais reprendre à l’identique à la virgule près! (texte à lire ci-dessous).
Car, en un an, rien n’a changé ou si peu.
Tout juste sait-on qu’il n’y a toujours pas de ministère dédié aux enfants (une faute politique de Macron, malheureusement sans doute pas une faute électoraliste comme l’augmentation des taxes sur les carburants…) et que c’est le ministère de la Santé qui a récupéré la problématique de l’enfance avec des annones de-ci, de-là, et un prochain plan qui devrait être annoncé avant la fin de l’année.
Mais où sont les actions concrètes, où sont les moyens financiers dégagés, où en est la prise de conscience collective?
Où en sont les grandes campagnes de prévention et d’information?
Où en est l’année de l’enfance, grande cause nationale, que demandent toutes les associations de protection des enfants depuis des années?
Pourquoi n’enseigne-t-on pas dans les écoles, les collèges et les lycées les dangers des agressions sexuelles pour que les enfants soient au moins au courant des dangers qu’ils peuvent courir?
Pourquoi aucun président de la république n’a jamais pris la parole en ce 20 novembre pour dire combien l’Etat se préoccupe du bien-être des enfants?
Pourquoi la maltraitance aux enfants ne fait les gros titres que lorsqu’il y a un fait divers scabreux ou pour cette «journée» du 20 novembre?
Pourquoi, surtout, la société ne respecte pas les enfants et l’enfance comme cela devrait être fait, que ce soit les pouvoirs publics ou la population?
Trop de pourquoi pour si peu d’agir.
Alors, dans un an, le 20 novembre 2019, je pourrai réécrire la même prose que vous pourrez relire encore une fois.
Puis en 2020, 2021, 2022, 2023,…


Ce 20 novembre, comme tous les ans depuis 1993, est la Journée internationale des droits de l’enfant (*).
Loin de moi de vouloir supprimer cette date qui a le mérite d’exister en faisant parler un peu plus des problèmes des enfants et de l’enfance comme on peut le constater dans les médias.
Mais, cette journée ne doit pas être un alibi, un gadget ou une manière d’évacuer le problème les trois cent soixante quatre autres jours de l’année.
De même, comme pour la journée de la femme ou d’autres journées de ce type, c’est bien tous les jours, toute l’année, que l’on devrait célébrer les enfants et leurs droits.
Non pas parce que ceux-ci sont des dieux à vénérer comme l’affirment tous les adultes frustrés qui croient que les enfants sont des rois et sont respectés, si ce n’est dans le monde entier, en tout cas en France et qui, pour certains, ont oublié qu’ils ont été des enfants.
Mais parce que, si la condition de l’enfant est évidemment bien plus enviable dans les pays avancés, affirmer qu’il est respecté comme une vraie personne et qu’il n’est victime d’aucune violence, discrimination et condition de vie parfois indigne, est tout simplement un mensonge.
D’abord, tordons le cou à cette infâme idée que l’enfant serait un roi.
En réalité, dans notre société où pullulent les égocentristes égocentriques, l’enfant est mis par ceux-ci sur un piédestal uniquement parce qu’il est leur rejeton.
Car les rois ce sont eux et leur progéniture fait partie de la famille royale mais n’est pas du tout respectée comme des personnes.
Voilà qui est dit.
Maintenant, tous les jours nous apprenons que des enfants ont été violentés physiquement ou psychologiquement, assassinés, qu’ils vivent dans la rue ou dans des taudis, qu’ils ne sont pas scolarisés, qu’ils vivent dans un état de pauvreté indigne, etc.
Et tout cela, pas à des milliers de kilomètres mais, ici, en France.
Imaginons ce que c’est, ailleurs, où certains sont des esclaves (comme travailleurs ou comme objets sexuels), de la chair à canon ou des bombes humaines télécommandées (à ce sujet, il faudrait que les médias arrêtent de dire qu’ils se sont fait sauter dans un attentat-suicide alors qu’ils sont quasiment tous jetés au milieu de gens avec une bombe munie d’un minuteur ou télécommandée et qu’ils seront les premières victimes des monstres qui les ont obligés à la porter).
Imaginons dans quelles conditions exécrables ils vivent dans les pays pauvres où ils n’ont pas assez à manger, où ils ne peuvent pas étudier, où ils n’ont aucune perspective d’avenir.
Alors, au lieu de se raconter des histoires sur l’état de l’enfance en France (pays qui, rappelons-le, a été critiqué récemment sur nombre de points par l’UNICEF dans un rapport détaillé) et de croire que tout ne va pas si mal parce que des ONG tentent de palier au plus pressé, agissons.
Et pas seulement le jour de la journée internationale de l’enfant.
Comme le dit l’ancien président du tribunal pour enfants de Bobigny et défenseur infatigable de la cause des enfants, Jean-Pierre Rosenczveig, dans son blog (lire ici l’entier article intitulé «20 novembre, jour des droits de l’enfant: une blague?), «on ne sent pas un appétit, on ne sent plus une dynamique sur le thème ‘droit des enfants’. On va commémorer quand il faudrait s’engager. On met le focus sur le seul dossier économique. Et on a tort: pour essentiel il ne suffit pas à rendre justice aux plus faibles ou à prendre en compte les plus fragiles.»
Et de s’interroger comme je l’ai fait ici voici quelques mois: «L’enfant est-il encore un objet explicite de politique publique? On peut en douter avec la disparition d’un ministère de l’enfance même associé à la famille. Qui sait aujourd’hui quel est le ministre en charge du dossier ‘droits des enfants’?»
Oui, monsieur Macron, s’occuper des enfants nécessite un ministère à part entière.
En tant qu’humanistes, les centristes doivent être au cœur de ce combat pour les droits de l’enfant mais, plus largement, pour le respect du aux enfants et à l’enfance parce qu’en protégeant, en accompagnant et en reconnaissant ceux-ci comme des personnes, il en va de ce que nous sommes, de cette part du divin qui est en nous et de ce que nous voulons bâtir sur cette planète pour nous, pour eux.

(*) Elle est l’héritière de la Journée mondiale de l’enfance instituée par l’ONU en 1954 et toujours célébrée comme telle par l’organisation internationale