«J’ai des droits. J’ai le droit à l’éducation, j’ai le droit de jouer, j’ai le droit de chanter, j’ai le droit de parler, j’ai le droit d’aller au marché, j’ai le droit de m’exprimer.»

Malala Yousufzai

vendredi 27 mars 2026

Devant l’émotion suscitée, le gouvernement déposera bien son projet sur la maltraitance des enfants


Lorsque le gouvernement a présenté la dizaine de textes qu’il voulait voir discuter et voter par le Parlement avant l’été, il y avait un grand absent: le projet de loi sur la maltraitance des enfants rédigé par la ministre de la santé, Stéphanie Rist, et le ministre de la Justice, Gérald Darmanin.

Cette absence avait immédiatement suscité incompréhension et colère chez les défenseurs des enfants d’autant qu’il n’y avait aucune déclaration et explication donnée de la part du gouvernement.

Ce silence, jusqu’à celui de la haute-commissaire à l’enfance, Sarah El Hairy, semblait dire que la protection de l’enfance, notamment celle la plus en danger comme les enfants placés de l’ASE (Aide sociale à l’enfance) n’était pas sa priorité.

Mais l’erreur a été réparée puisque ce projet de loi sera bien au programme des députés et des sénateurs.

Quand?

Selon la ministre de la Santé:
«Je vous annonce qu'il faut que ce texte passe [au Parlement]. Nous aurons la place, vous savez pourquoi ? Parce que la protection des enfants, ça concerne tous les politiques, ça concerne de façon transpartisane. Et c'est un texte qui est consensuel et que nous arriverons à faire passer. Ce texte part au Conseil d'État, sera présenté au Conseil des ministres mi-mai et sera, je l'espère, adopté avant la fin du quinquennat.»

Dont acte.

Et de présenter la philosophie du texte en réponse à une question de la députée Perrine Goulet:
«Je sais combien le Parlement est attaché à la protection des enfants. Avec Gérald Darmanin, garde des sceaux, nous allons porter un texte qui permettra de mieux protéger tous les enfants. Les 400 000 enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance ont une espérance de vie inférieure de vingt ans à la moyenne. Ils ne sont que 10 % à poursuivre leur scolarité jusqu’au baccalauréat, tandis que 50 % des services de pédopsychiatrie ont affaire à ces enfants.
Le texte que nous allons déposer permettra de vérifier tous les antécédents judiciaires des personnels de l’aide sociale à l’enfance –⁠ ce que lon appelle lhonorabilité. Il permettra, surtout, un meilleur partage dinformations sur ces antécédents entre les différents secteurs. Ce texte donnera aussi à ces enfants des perspectives de vie, grâce à des moyens pour une adoption plus rapide, grâce à une augmentation du nombre daccueillants familiaux ainsi que du nombre de tiers de confiance. La prise en charge de ces enfants dans des cellules daccueil familial en sera ainsi améliorée.
Ces mesures sont consensuelles : chacun veut ici que les enfants soient mieux protégés. Le projet de loi est travaillé avec les départements, qui sont compétents sur une partie de ces questions.»

Voilà qui est une bonne chose.

Cependant, La proposition de loi « intégrale » visant à lutter contre les violences sexistes et sexuelles commises contre les femmes et les enfants, elle, n’est toujours pas inscrite à l’ordre du jour du Parlement.

Les parlementaires qui la soutiennent expliquent que «chaque année, 160.000 enfants sont victimes de violences sexuelles – un toutes les trois minutes» et qu’«il ne s’agit pas de faits divers, mais d’un phénomène massif, structurel et systémique.»

Et de rappeler qu’«Il manque encore aujourd’hui une architecture d’ensemble, une politique publique cohérente et dotée de moyens à la hauteur de la tâche».

Il ne reste plus qu’à espérer qu’ils seront entendus par le gouvernement.

 

 


jeudi 12 février 2026

Le travail des enfants, une réalité scandaleuse mais souvent indispensable aux plus pauvres


C’est la Journée mondiale contre le travail des enfants.

Dans ce début de troisième millénaire, nous imaginons plus un enfant en train d’apprendre et de jouer dans un environnement protecteur.

Comme le dit fort justement Sarah El Hairy, la haute-commissaire à l’Enfance:
«Nous rêvons tous d’un avenir radieux pour nos enfants. Une enfance douce et protégée, emplie de jeux, d’apprentissages, pleine de découvertes et d’espoir. Une enfance où l’école prime sur le travail, où le jeu précède les responsabilités.»
Mais, continue-t-elle, la réalité est tout autre pour des millions d’enfants:
«Pourtant, à l’autre bout du monde, parfois bien plus près qu’on ne l’imagine, des millions d’enfants vivent une tout autre réalité. Chaque jour, 160 millions d’entre eux travaillent, souvent au péril de leur santé, au détriment de leur sécurité et de leur avenir. Certains cousent les vêtements que nous portons. D’autres récoltent le cacao de nos goûters, trient à mains nues les composants électroniques de nos téléphones.»

C’est une situation scandaleuse qui n’est évidemment pas acceptable.

Néanmoins, cette réalité est aussi celle de la survie pour nombre de familles.

Si les enfants sont évidemment exploités, sous-payés, contraints souvent de faire des tâches que les adultes refusent de faire, ils sont aussi ceux qui assurent un revenu nécessaire aux familles les plus pauvres, seulement pour ne pas tomber dans une pauvreté encore plus grande avec toutes ses conséquences.

Est-il possible, dès lors, de mettre fin à ce travail des enfants si indispensable pour les plus pauvres, pour des communautés et des pays qui cherchent désespérément à se développer pour assurer au moins le minimum à leur population?

Certains affirment que nous, consommateurs des pays riches ne devons pas acheter les produits si nous savons que des enfants ont participé à leur production.

C’est un comportement moral évident.

Néanmoins, en faisant cela, nous privons ces plus pauvres d’un revenu indispensable.

La solution est plus globale et nécessite une révolution mondiale avec une redistribution des richesses et une globalisation humaniste.

On en est très loin et peut-être que nous ne nous en approcherons peut-être jamais.

Reste alors cette aide au développement si décriée en ce moment par les populismes d’extrême-droite et de droite radicale comme c’est le cas aux Etats-Unis où Trump a coupé dans tous les programmes humanitaires ou avec les déclarations du RN en France.

Une aide qui est indispensable pourtant pour ces pays afin de réduire plus d’éliminer les pratiques les plus inacceptables de l’exploitation d’humains comme celui du travail des enfants.

Signalons enfin que même dans les pays développés, le travail des enfants existe, souvent effectué de manière cachée, et que certains Etats étasuniens comme la Floride sont partisans d’assouplir les règles le concernant.

 

 


mercredi 4 février 2026

Protéger les enfants, des avancées bienvenues


En quelques jours, les députés ont voté des lois pour interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans et pour les enfants victimes de violences sexuelles dans la famille ou qui sont placés suite au dysfonctionnement de leur foyer.

Ces nouvelles mesures sont les bienvenues et nous rappelle une fois de plus qu’un enfant a besoin de protection face à des dangers que la société ne prend pas suffisamment en compte et qui peuvent aller jusqu’à sa mort.

Quand on voit avec quel cynisme les dirigeants des réseaux sociaux utilisent les enfants pour faire des profits mirifiques et investissent si peu dans leur sécurité face aux prédateurs et aux contenus qui détruisent ou fragilisent certains d’entre eux les conduisant au suicide, on peut qu’être en faveur de ces protections même si elles peuvent frustrer la jeunesse notamment pour ce qui est de son accès au web.

Mais cette politique de protection doit être encore renforcée et être constante en donnant les moyens d’agir pour qu’elle soit une réalité et non des lois qui ne sont jamais appliquées.

Trop d’enfants meurent parce que la société n’a pas agi comme elle aurait du le faire.

Sans parler des nombreuses résistances au nom des droits des adultes même quand ceux-ci vont à l’encontre des droits des enfants, pire, quand ils mettent leur sécurité en danger.

Par ailleurs la société doit investir beaucoup plus afin de préparer les enfants à être capables de reconnaître les dangers et de se défendre contre eux avec son aide