«J’ai des droits. J’ai le droit à l’éducation, j’ai le droit de jouer, j’ai le droit de chanter, j’ai le droit de parler, j’ai le droit d’aller au marché, j’ai le droit de m’exprimer.»

Malala Yousufzai

vendredi 26 juin 2026

Se mobiliser contre l’utilisation des enfants par le crime organisé


Partout dans le monde, les enfants sont recrutés par le crime organisé et utilisés pour les aider dans leurs activités et leurs basses œuvres qui peuvent aller jusqu’à les faire devenir des tueurs à gages.

Ici aussi les enfants sont des victimes le plus souvent issues de groupes sociaux défavorisés.

Dans tous les pays ce phénomène reprend de l’importance notamment en France et dans nombre de pays européens comme les Pays-Bas ou la Suède.

A cet effet, le Parlement européen, pour susciter une prise de conscience et une mobilisation vient d’adopter une résolution demandant à la Commission d’agir.

Ce texte veut d’abord assurer la protection des enfants comme l’explique la député centriste belge de Renew Europe, Hilde Vautmans: «La priorité de l'Europe doit être très claire : traquer les recruteurs, démanteler les réseaux criminels et aider les enfants exploités au lieu de les traiter comme les cerveaux du crime organisé.»

Le Parlement européen demande que plusieurs mesures soient prises afin d’empêcher les enfants de tomber dans la nasse des gangs et autres mafias ainsi que pour faire de la lutte contre le recrutement une urgence et pour renforcer les peines encourues pour leur exploitation:
- Inclure le recrutement d’enfants comme une priorité dans le prochain plan d’action de l’UE pour la protection des enfants contre la criminalité qui doit être réalisé d’ici à 2027;
- Ajouter des circonstances aggravantes pour le recrutement d’enfants dans la prochaine révision des règles sur la criminalité organisée ;
- Intensifier la coopération entre Europol et Eurojust dans les lieux où les enfants sont systématiquement exploités par des réseaux criminels ;
- Réviser la directive concernant les feux d'artifice qui sont désormais utilisés comme armes par des bandes criminelles recrutant des enfants ;
- Financer et renforcer le réseau d’assistance téléphonique pour les enfants disparus afin d’identifier les enfants à risque et les mettre en contact avec les services de protection.

 

 




mardi 23 juin 2026

Mort Lyhanna: des «dysfonctionnements» révélateur de la place de l’enfant dans la société


Un pré-rapport – qui sera suivi d’un rapport plus étoffé – a été dévoilé aujourd’hui sur l’action de la justice et de la gendarmerie à propos des plaintes et des soupçons sur le comportement pédocriminel du meurtrier et violeur de Lyhanna qui auraient pu permettre de l’arrêter et d’empêcher la disparition de la petite fille de 11 ans.

Ce rapport conclu à une suite de mauvais choix et de dysfonctionnements à propos de la plainte de la mère de Rosa violée à plusieurs reprises par le pédophile:
«Au terme de ses premières investigations, la mission a noté le traitement adapté de la plainte de la victime [Rosa] réalisé par le parquet de Toulouse et la BTA de Plaisance-du-Touch. Pour autant, elle a identifié au parquet de Toulouse lors du dessaisissement, des points d’amélioration qui, s’ils avaient été mis en œuvre, auraient pu être de nature à prévenir les défaillances constatées par la suite.
Elle a relevé, par ailleurs, des dysfonctionnements, tant au niveau du parquet d’Auch que de la compagnie de gendarmerie de Condom, qui n’ont pas permis une prise en compte des faits dénoncés le 18 août 2025 à la hauteur de leur gravité.»

Le Premier ministre a réagi au contenu du rapport :
«Le pré-rapport d'inspection qui a été remis ce matin au gouvernement établit une vérité d’une extrême gravité : dans cette affaire, la chaîne de protection a failli. Une plainte concernant des viols commis sur une enfant n’a pas toujours été traitée avec l’urgence, la rigueur et la diligence qu’elle exigeait. Dans un environnement où beaucoup de plaintes sont déjà en souffrance.
Le rapport ne décrit ni un simple dysfonctionnement administratif ni un manque de moyens. Il souligne d’abord que les premiers actes d’enquête réalisés par la première juridiction et les enquêteurs ont été conduits de manière efficace.
Mais la suite de la procédure a été marquée par une succession d’erreurs, de négligences, d’inactions et de mauvaises décisions, à plusieurs niveaux de la chaîne judiciaire et de l’enquête. Ces manquements ont eu des conséquences dramatiques.
La puissance publique ne se défaussera pas. Elle doit reconnaître cette défaillance, établir précisément les responsabilités et en tirer toutes les conséquences, y compris individuelles. Cette exigence de vérité ne doit cependant pas conduire à jeter l’opprobre ni sur la gendarmerie nationale ni sur l'autorité judiciaire dans leur ensemble, ni sur les milliers de femmes et d’hommes qui se sont engagés pour protéger chaque jour nos concitoyens avec professionnalisme et dévouement.
Avec les ministres, nous recevrons les familles concernées. Mais la vérité et la responsabilité doivent conduire à l’action.
Le projet de loi relatif à la protection de l’enfance sera renforcé lors d’un tout prochain conseil des ministres pour rendre obligatoires, dans les trois premiers mois suivant une plainte pour viol sur mineur, les actes d’enquête indispensables. Nous garantirons également aux parents une information claire sur l’identité des adultes auxquels leurs enfants sont confiés dans le cadre des activités périscolaires.
Nous proposerons enfin que les violeurs en série de mineurs puissent être condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité.
D’autres mesures suivront. Je saisirai plusieurs experts scientifiques et associatifs afin qu’ils nous remettent des recommandations hiérarchisées, fondées sur les connaissances scientifiques, l’expérience du terrain et les faits établis. Elles devront pouvoir nourrir les évolutions nécessaires de la loi, des règlements et des pratiques professionnelles.
La protection des enfants ne supporte ni l’inertie, ni les approximations, ni les récupérations politiciennes. Elle exige la vérité, la responsabilité et des décisions.»

Une réponse forte qui devra être suivie d’effets concrets.

Néanmoins, les dysfonctionnements de la justice et de la gendarmerie disent beaucoup de la place de l’enfant dans notre société.

Si celle-ci plaçait sa protection comme un devoir essentiel, les plaintes déposées contre le tueur auraient été prioritaires, non pas parce que c’est la loi mais parce que c’est la dignité même de la société, donc de chacun de ses membres, qui est en jeu.

Alors, au-delà d’un renforcement des procédures et de sanctions contre ceux qui n’auraient pas agi de la manière requise, c’est bien la société, c’est-à-dire nous, qui devons faire en sorte que chaque fois que des enfants sont en danger ou ont été agressés, la réponse soit immédiate et forte parce que nous l’avons décidé moralement.

 

 


vendredi 12 juin 2026

La protection de l’enfance salie par les politiciens populistes


Un peu de dignité!

C’est juste ce que l’on demande aux politiques quand on parle de protection de l’enfance et des pires atteintes physiques et psychologiques faites aux enfants.

Et ça, face à la tâche impérieuse que la société doit à ses plus jeunes, une partie d’entre eux n’en est manifestement pas capable.

Ici on touche à la pire noirceur de ces politiciens populistes qui sont prêts à tout pour instrumentaliser tous les drames les plus monstrueux uniquement pour leurs profits partisans et électoralistes.

Quand une députée, Laure Miller, éprouve de la honte d’être dans un hémicycle dont nombre de ses membres font de la polémique la plus démagogique et la plus honteuse à propos de la mort d’une petite fille de onze ans, nous ne pouvons que lui donner raison.

Cela fait des années qu’ici, nous dénonçons les manques de l’Etat mais aussi et surtout un immobilisme de toute la société dans la défense de l’enfance pour être scandalisé par ces personnages qui n’ont pas levé le petit doigt pour lui assurer le bien-être et la sécurité, venir faire la morale et se transformer subitement en procureurs sans aucune légitimité autre que de créer le désordre et de tenter de récupérer une colère des citoyens dont beaucoup de ces derniers devraient d’abord se demander ce qu’ils ont fait pour protéger les enfants.

Lyanna est-elle la victime de trop?

On aimerait bien le croire alors que nombre d’enfants sont victimes chaque année de violences, de meurtres et d’assassinats sans que cela n’engendre une mobilisation quelconque au-delà de quelques paroles et de rassemblements.

Au-delà de ces actes d’autant plus effroyables qu’ils touchent des personnes qui ne sont pas capables de se défendre, la société doit réfléchir à la place de l’enfant et se demander si vraiment elle le respecte.

Comme l’écrivait Françoise Dolto :
«La cause des enfants ne sera sérieusement défendue tant que ne sera pas diagnostiqué le refus inconscient qui entraîne toute société à ne pas vouloir traiter l'enfant comme une personne, dès sa naissance, vis-à-vis de qui chacun se comporte comme il aimerait qu'autrui le fasse à son égard.»

Tous les jours, dans notre quotidien, nous pouvons voir que ce n’est pas le cas.

Alors, messieurs et mesdames les populistes, au lieu de profiter de tragédies qui touchent les enfants pour vous faire de la publicité scélérate, agissez et faites que la société se fasse à hauteur d’enfant.

Ne vous trompez pas et méditez les propos de Janusz Korczak, le grand pédiatre et inlassable défenseur des enfants:
«Vous dites: C'est fatiguant de fréquenter les enfants. Vous avez raison. Vous ajoutez: Parce qu'il faut se mettre à leur niveau, se baisser, s'incliner, se courber, se faire petit. Là, vous avez tort. Ce n'est pas cela qui fatigue le plus. C'est plutôt le fait d'être obligé de s'élever jusqu'à la hauteur de leurs sentiments. De s'étirer, de s'allonger, de se hisser sur la pointe des pieds. Pour ne pas les blesser.»